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Forum mort. Nouvelle adresse BJ ~ Madness Return.
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[100 %] Rapunzel wants you to comb her ~

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MessageSujet: [100 %] Rapunzel wants you to comb her ~ Lun 26 Avr - 16:29

~ IDENTITY ~

NOM : Cohen.
PRÉNOMS : Louise, orthographié également Luise.
SURNOM : Dans le monde réel on l’appelait Lois, Pauvre petite, Hair, Le ramasse-poussière, La folle là-bas, et bien d’autres. De l’autre côté du miroir, elle est Rapunzel, autrement dit Raiponce, rapport à son obsession pour les cheveux.
ÂGE : Seize ans depuis cinq ans.
ORIGINE : Elle vient du monde réel.
ORIENTATION SEXUELLE : Disons bisexuelle, pour faire simple. Mais il faut dire qu'au cours de sa vie elle a montré plus d'attirance pour le sexe féminin.

~ CHARACTER ~

SITUATION FAMILIALE ET AMOUREUSE : Néant à tous les niveaux. Aucune famille, juste un nom.

PHYSIQUE :
Vous marchez dans la forêt d’un pas silencieux. Au loin, vous apercevez ce château à moitié en ruines, dévoré par la végétation. Le soir tombe lentement. Mais vous n’avez pas peur, votre arme en main vous ne risquez rien. Peu rassuré, les bruits du bois achèvent votre effroi. Mais peut-être n’êtes-vous pas de ces gens-là, peut-être vous trouvez-vous ici pour trouver une proie, pour tuer. Qui que vous soyez, si vous êtes ici, à cette heure, vous la verrez forcément.
Tout commence par le son. Parmi les cris des créatures improbables qui hantent ce monde, vous entendez un long gémissement. Un ululement ténu mais interminable, semblable à celui des fantômes dans les histoires. Vous vous approchez, fasciné par ce bruit à glacer le sang. Apparemment prononcé par une bouche humaine, tout du moins humanoïde, le son paraît sortir de la terre et vous monter dans le corps, avec une sourde rapidité. Vous approchant encore, il vous semble distinguer une forme blanchâtre et immobile. Pétrifié de terreur ou d’excitation, vous voyez la forme se mettre lentement en mouvement, et dans votre direction. Le gémissement s’amoindrit peu à peu, pour finalement s’arrêter. Devant vous se tient un... vous ne sauriez trop dire, humain ou spectre ? L’apparition est en tous cas femelle.
Vous la détaillez. Mon dieu, ces cheveux ! Ils semblent ne pas avoir de fin. En réalité, cette chevelure d’un noir d’encre, lisse par le passé, mais à présent emmêlée comme un sac de nœuds, vient mourir au niveau de ses rotules. Tout de même, c’est diablement long. Cette masse sombre, comme une extension d’elle-même, jure, presque vulgairement, avec sa peau de marbre, aux veines violacées, ressortant sur sa peau pâle comme la mort. Révulsant.
Le visage du spectre – qui, tout compte fait, vous semble être humain – est d’une rare beauté. De forme ovale, il est comme coupé en deux par un nez droit et long, qui donne à la jeune fille un profil de statue grecque. Blafard comme le reste, il subsiste de petites notes colorées sur ce visage, comme des taches de peinture. Des lèvres fines, de couleur mauve, de larges cernes et de lourdes paupières rougeâtres. Et ces yeux bruns, presque jaunes, où brille la flamme de la folie. Un grain de beauté orne la tempe gauche de l’apparition.
La jeune fille – seize ans ? dix-sept ? ou peut-être plus – ôte, de ses doigts minces et rougis, un cheveu de sa robe. Elle est vêtue d’une de ces robes d’été en coton, utilisées parfois comme chemises de nuit, blanche, coupée dans un tissu solide. Elle est pieds nus dans les ronces. Tout son petit corps maigre est parsemé d’écorchures et de blessures bénignes.
Perdu dans vos réflexions, vous n’entendez pas tout de suite que l’apparition vous tend un peigne rouge, et vous parle, de sa voix rauque et douce :
- Oh, peignez-moi, s’il vous plaît...

CARACTÈRE :
La psychologie de Louise est un embrouillamini de comportements, un labyrinthe d’informations. Afin de la décrire au mieux, procédons par étapes. Selon l’endroit où vous la rencontrez, le temps qu’il fait et votre comportement, la jeune fille est capable de changer du tout au tout, dans sa gamme d’attitudes.
Certains jours, Louise se met en chasse. Elle sort du château en fin d’après-midi et erre dans la forêt. Chasse-t-elle pour manger, pour tuer ? Pas du tout. La jeune fille a toujours besoin de compagnie. Mais elle est seule dans son coin du château en ruines. Toute seule. Et cela la rend plus folle encore. Car Louise est folle au sens clinique du terme. Son esprit a banni tout vernis de civilisation en elle. Il lui reste tout juste assez de politesse pour – pardonnez-moi cette rare vulgarité – ne pas faire ses besoins en présence d’autrui. La jeune fille marche donc dans les bois le soir en gémissant, ululant, soufflant pour attirer… n’importe qui, quelqu’un. Sitôt que quelqu’un apparaît, elle le supplie de lui peigner les cheveux. Ses cheveux. Ils reflètent son âme, emmêlés, sombres, interminables. Ils lui font mal à longueur de temps. Ils sont vivants et lui mangent le cerveau. C’est ce qu’elle dit. Pour soulager sa douleur, il faut les peigner. Pourquoi ne le fait-elle pas toute seule ? On ne sait. Personne ne sait, pas même elle. Peut-être est-ce juste un moyen pathétique d’être avec quelqu’un, d’être au contact d’un humain, même quelques minutes. La plupart du temps, les gens s’enfuient. Et elle, elle reste plantée là, désespérée qu’elle puisse inspirer la peur, et sanglote entre les ronces. Parfois, elle croise des natifs du monde du miroir. Beaucoup sont dangereux. Louise n’a pas peur, mais elle sent cette dangerosité, et s’enfuit à toutes jambes. Et puis, très rarement, elle rencontre des gentils, ou des perdus, ou des fous comme elle. Ils prennent le peigne et démêlent ses longs cheveux. Louise se sent heureuse, affreusement heureuse. Elle sourit, soupire, vit un orgasme chaste. Hélas, cela est bien, bien trop rare.
D’autres jours, la jeune fille a envie d’être seule. Non, c’est faux, elle n’a jamais envie d’être seule. Mais parfois, elle préfère rester dans le château délabré du bois dormant, dans une pièce peinte en blanc, munie d’une fenêtre sans rideaux. Là, elle s'accroupit dans un coin, jouant avec la chaux du mur qui se dépose sur ses doigts, ou sur le lit sans draps, infesté de vermine, tripotant son peigne laqué. Si, par mégarde ou volontairement, vous entriez dans le château, puis dans cette pièce, elle vous regarderait, sans aucune expression, ne dirait rien. Elle vous répondrait peut-être si vous engagiez la conversation de façon plaisante – pour elle.
Louise est incapable d’avoir des amis. Son subconscient a relégué à l’état de déchets ses connaissances concernant la vie en société. Elle peut apprécier de se trouver en compagnie de quelqu’un, – en fait, elle adore ça – mais il ne faut pas espérer d’elle de la fidélité, des promesses, ou quoi que ce soit dans le genre. Elle est cependant capable de gages d’amitié, bien que ceux-ci se résument souvent à peigner les cheveux de ses compagnons. La jeune fille est comme un petit animal, affectueux mais indépendant. Elle ignore le sens des mots tact, gentillesse ou jalousie. Selon elle, les autres n’existent que pour elle. Ce n’est pas égoïste, juste infantile. Elle se comporte souvent comme un enfant. Néanmoins il lui arrive d’avoir des élans de maturité, comme si elle retrouvait sa tête, par moments. Elle dit quelque chose de très sensé, puis se tait à nouveau. Malgré ses paroles incohérentes et ses actions juvéniles, elle est capable de manger et marcher comme vous et moi, bien que sa démarche soit quelque peu chaotique.
Il est difficile de savoir si Louise peut aimer. Il lui arrive d’éprouver du désir pour quelqu’un mais ne sait pas du tout comment l’assouvir. Elle n’a jamais embrassé ni n’a jamais été embrassée, même sur la joue, jamais eu de relations (sexuelles ou non) avec qui que ce soit. La seule fois ou elle a été attirée par quelqu’un, une jeune fille dont elle a oublié le nom, elle l’a peignée avec un amour débordant pendant deux heures. La pauvre dulcinée saignait du cuir chevelu.
Pour résumer, Louise est une jeune fille folle mais inoffensive, qui manque cruellement d’affection et de compagnie, obsédée par sa chevelure.

HISTOIRE :

VOTRE BUT DANS LE JEU : Aucun, puisque par définition Louise n’a ni but ni ambition. Mais elle aimerait être en-dehors de tout ça, le plus possible. Et ne pas se retrouver seule. Elle détesterait.

AUTRE : Rien d’autre.

~ FOR PLAYING ~

GROUPE AUQUEL VOUS SOUHAITEZ APPARTENIR : Euh, eh bien je crois que Louise pourrait être classée Cloudberry, mais bon, à vous de décider.

VOULEZ-VOUS UNE DEMEURE ? Bien que visiblement seuls les villages sont habitables, je demande l’autorisation de vivre dans le Sleeping Castle, qui n’est pas occupé. Si ce n’est pas possible, eh bien, Louise se débrouillera.

VOULEZ-VOUS UN RANG PERSONNALISÉ ?
Code:
<b>R</b><i>apunzel, the hair.</i>
Merci d’avance !

~ AND YOU ~

COMMENT AVEZ-VOUS CONNU LE FORUM ? J’étais sur l’éphémère version 2 de Bloody Jam, sous les traits de Joyce Forgosson. Cependant ces derniers temps je n’ai pas eu beaucoup de temps pour le RPG et je n’ai donc jamais joué.
QU'EN PENSEZ-VOUS ? Je l’aime ! Il est beau ! Il shine !
DES SUGGESTIONS ? Non, aucune, tout est bon selon moi (enfin, sauf quelques fautes d’orthographe çà et là mais bon, cela reste très supportable – mais si vous voulez m’engager comme correctri*shot*).
Edit : J'ai vu que ç'a déjà été dit par deux personnes, mais tout de même ce serait bien de faire une petite relecture, ne serait-ce que sur la page d'accueil du forum...
CODE : Ok by Grächen.
AUTRE CHOSE À AJOUTER ? Louise est inspirée par une nouvelle de Maupassant, Apparition. Un petit résumé rapide pour ceux que ça intéresse : Le narrateur, possesseur du titre de marquis, rencontre par hasard un vieil ami dans la rue. Cet ami lui demande de lui rendre un léger service : aller chercher dans sa maison de campagne quelques documents importants. Par ailleurs, il lui raconte ce qui lui est arrivé en cinq ans. Il est tombé éperdument amoureux d’une femme qui le lui rendait bien. Après un an de mariage passionné, sa femme est morte, raconte-t-il. Le marquis se rend au château, le trouve – avec surprise – rongé par la végétation, comme abandonné depuis 20 ans. Le comportement du jardinier, seul membre du personnel d’entretien, est plus qu’étrange ; il semble terrorisé à l’idée que le marquis entre dans la chambre. Le narrateur repousse l’homme avec brusquerie et entre dans la chambre. Certains détails le mettent mal-à-l’aise (les volets ne s’ouvrent pas, il y a une empreinte de coude sur le matelas…), mais il veut accomplir sa mission. Il entend d’abord un bruit, puis sent un souffle derrière lui. Devant lui se tient une jeune femme habillée de blanc, avec de très longs cheveux. Elle tient un discours incohérent, souhaitant à tout prix qu’il lui peigne les cheveux. Cela accompli, elle s’enfuit. Bon, je vous épargne l’analyse, mais il est clair que cette femme n’est pas un fantôme mais bien une folle séquestrée par son mari. Bref, cette nouvelle est l’une de mes préférées et j’ai voulu reprendre le personnage de l’apparition pour en faire un sur un forum. Voilà, désolée du pavé. Ah, et puis l’histoire est en cours, je la posterai demain, merci de ne pas poster en attendant : D (dude, j’ai mis un smiley) Histoire postée, fiche finie !


Dernière édition par Louise Cohen le Mer 28 Avr - 7:38, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [100 %] Rapunzel wants you to comb her ~ Mer 28 Avr - 1:04

HISTOIRE :
Grace dormait. La tête renversée en arrière, elle ronflait légèrement. Il faut dire qu’elle était enrhumée ; c’était l’hiver. Grace dormait et il ne le fallait pas. Elle était de garde, cette nuit. Elle avait installé sa chaise juste devant la conciergerie, de façon à entendre tout ce qui se passait. Mais la semaine avait été éprouvante et elle s’était lâchement abandonnée dans les bras de Morphée. Grace était une belle femme. Elle était très grosse, mais toujours souriante et vigoureuse, ce qui lui donnait une allure pleine de vie qui ne déplaisait pas à tout le monde. Elle avait environ vingt-cinq ans. Ses cheveux roux et bouclés étaient tirés en un chignon imposant d’où s’échappaient quelques mèches. Elle était vêtue d’une robe noire ample, largement déboutonnée, de manière à ce que tout le monde puisse voir l’imposante poitrine de la jeune femme. Elle portait également un tablier blanc de coton. Toutes les femmes du personnel étaient habillées ainsi, de ces vêtements désuets. En fait, le temps semblait s’être arrêté depuis longtemps, ici, au St Michael's Home for Friendless Girls (1).
La sonnerie retentit dans le hall. Grace ouvrit un œil, puis deux, se frotta le visage, boutonna sa robe et se leva de sa chaise. Qui est-ce que ça pouvait bien être à cette heure ? La jeune femme ouvrit la lourde porte d’entrée. Il n’y avait personne. Endless street était vide et sombre. Puis elle baissa les yeux. Sur le paillasson se trouvait un panier en osier. Sous une pile de linges se trouvait un bébé. Grace s'y connaissait, il devait avoir environ quatre mois. Ses cheveux noirs étaient étrangement longs et il fixait la jeune femme de ses yeux fauves. Grace resta quelques instants à observer le nourrisson, captivée. Puis elle frissonna, se rappela qu'il faisait froid, et que le bébé risquait d'être malade. Aussi prit-elle le panier sous son bras le plus délicatement qu'elle put et ferma la porte. Puis elle alluma la lampe de la conciergerie, qui jeta un rectangle de lumière crue sur le carrelage noir. Le nourrisson cligna des yeux plusieurs fois. Grace enleva un à un les linges qui l'enveloppaient. Il y avait là des draps et une robe de nuit blanche, de taille adulte. Aucun vêtement adapté au bébé. Celui-ci s'était retrouvé nu comme un ver et Grace constata que c'était une fille. Sans doute celui qui l'avait abandonnée avait cherché un orphelinat pour filles. L'intéressée commença à pleurer ; elle poussa un cri grave et profond, comme celui d'une chouette. La jeune femme la prit contre elle et la berça. Lentement, la petite fille se calma. Grace, en la soulevant, remarqua qu'il restait quelque chose sous le drap qui tapissait le fond du panier. Il y avait un peigne rouge laqué, et un bout de papier sur lesquels étaient inscrits les mots suivants : "Her name is Louise Cohen. Hope you could give her the best education. Thank you so much for hosting her. God bless you" (2) Suivait une signature illisible. Grace haussa un sourcil. Décidément, il y en a qui ne font rien comme tout le monde, se dit-elle. Mais l'on ne pouvait pas laisser un bébé seul dans l'hiver. C'eût été de la pure cruauté.

Louise grandit dans un silence religieux. Les petites filles se levaient tôt, se rendaient à la messe puis à l'école, où elles apprenaient moins à lire, écrire et compter qu'à coudre et à tenir une maison. Louise était une fillette calme, silencieuse et repliée sur elle-même. Nul ne cherchait à ce qu'elle se fasse des amies. Il était bien vu que les orphelines soient seules pour ne pas subir aucune mauvaise influence, d'ailleurs, cela était dit dans le nom de l'institution. Ainsi, il y avait très peu de petits groupes à St Michael's Home. Louise était donc considérée comme normale. On se moquait parfois du fait qu'elle dormait avec son peigne, mais dans le fond c'était compréhensible. Cet objet était la seule chose qui la reliait à sa mère. Car c'était le peigne de sa mère, de même que la robe lui avait appartenu. Cette robe était bien trop grande pour Louise, mais elle attendait le jour où elle pourrait la porter. La fillette entretenait une relation particulière avec Grace. Grace était son infirmière officieusement attitrée, son amie, sa confidente, sa mère. Grace était tout. Louise l'adorait. La petite fille menait une existence stricte, son enfance était mutilée, mais elle était heureuse malgré tout.
Grace mourut à trente-huit ans, assassinée. Amy, une autre infirmière, jalouse de sa beauté, l'avait étranglée dans son sommeil avec ses propres cheveux, ses beaux cheveux roux. Elle fut mise en prison. Louise avait treize ans. Ses cheveux lui descendaient jusqu'en bas des reins. Au lieu de s'inquiéter pour son sort, elle décida de les faire pousser plus longs encore. Bien sûr, elle était très triste de la mort de Grace. Elle passa même une semaine sans manger. Mais, inéluctablement, la disparition de cette figure maternelle lui laissait plus de liberté. Elle commença à s'intéresser aux autres. Et bientôt, elle tomba malade. Enfin, plus exactement, elle tomba amoureuse, ce qui est un peu pareil. Sa dulcinée était une adolescente d'un an de plus qu'elle, une ravissante blonde au visage d'ange mutin, Emily. Emily réussissait tout ce qu'elle faisait. Elle avait des amies parmi les grandes. Ayant un parent à l'extérieur, elle faisait partie de celles qui pouvaient se rendre hors de l'orphelinat pendant le week-end. Louise l'adorait de tout son cœur.
Emily n'était pas stupide, au contraire. Malgré le silence de Louise, elle comprit son attirance pour elle et en fut flattée. Et puis après tout, pourquoi pas ?
Un soir d'été, Emily vint voir Louise dans sa chambre, qui lisait dans son lit comme un petit animal farouche blotti dans sa tanière, la fenêtre ouverte.
- Bonsoir, dit Emily avec un sourire lumineux.
- Bonsoir, répéta Louise d'une voix tremblante. Que... Que fais-tu ici ?
Emily s'assit sur le bord du lit. Elle ne savait trop comment formuler sa pensée.
- Je... Tu es amoureuse de moi, n'est-ce pas ? demanda-t-elle doucement.
Louise était sans voix. Elle hocha précipitamment la tête, n'osant pas dire non. Elle se cachait derrière son livre.
- Parce que, continua Emily en regardant par la fenêtre, ce n'est pas impossible que je le sois aussi. De toi, je veux dire.
Le visage fin de Louise s'empourpra. Elle esquissa un sourire timide et ne put réprimer un petit "Oh". Bien sûr, il était interdit de s'aimer à l'orphelinat. Mais elles étaient heureuses.

Elles marchaient dans les rues de Salisbury. Elles ne se tenaient pas par la main, ne voulant pas attirer les regards sur elles. Louise et Emily, respectivement quatorze et quinze ans, goûtaient au plaisir de la promenade dominicale.
- Où va-t-on ? demanda Louise.
Emily la regarda et lui sourit. Depuis la déclaration d'Emily, Louise n'avait cessé d'être plus ouverte, moins réservée, plus joyeuse de vivre. Sa compagne en était ravie.
- Tu verras.
Ses yeux verts étaient la joie même. Cependant, aujourd'hui il y avait comme une ombre dans ce regard. Louise ne s'en fit pas.
Elles arrivèrent devant une bâtisse visiblement inoccupée. Une jeune fille - elle devait avoir dans les dix-sept ans - fumait, adossée devant la porte. Elle eut un sourire de dépravée en voyant Louise. Cette dernière se sentit soudainement mal à l'aise. Elle jeta un coup d'œil à Emily. Celle-ci avait pâli d'un coup. Elle bredouilla :
- Ce... C'est Madison, une amie de l'orphelinat. Elle voulait te voir.
La dénommée Madison serra la main de Louise et coula un regard assassin à Emily.
- Pardon Louise ! cria la jeune fille d'une voix suraiguë avant de s'en aller en courant.
Louise était bouche bée. Elle tenta de fuir également, mais Madison la tenait fermement.
- Enchantée de te rencontrer, ricana Madison. Nous allons passer un bon moment ensemble...
Elle poussa la porte de la bâtisse et entraîna Louise à l'intérieur.
La pièce était complètement vide et sombre, très étroite. Une autre jeune fille s'y trouvait. Elle lança à son compère :
- Ah, je vois qu'on a fait bonne pioche ! Elle a été très ponctuelle, la morveuse, pour une fois !
- Tu parles, répondit Madison. Elle est venue me l'amener à l'heure pile. Au moins, les autres, elle s'arrangeait pour venir en retard. Ma pauvre, dit-elle à l'intention de Louise, je crois qu'elle ne t'aime pas beaucoup...
Louise plaqua une main contre sa bouche. L'autre jeune fille s'approcha d'elle et lui dit :
- Vois-tu, Emily est sous notre contrôle. Elle nous donne toutes les filles qu'on veut pour nous amuser...
- Que... Qu'est-ce que vous allez me faire ? bredouilla Louise.
- Ne t'inquiète pas, fit Madison en laissant échapper un rire gras, on ne te violera pas. On va juste te laisser moisir pendant cette pièce pendant vingt-quatre heures... Après, tu verras !
Et sur ce, elle partit avec son compère par une autre porte qu'elles fermèrent à clé.

Rester une journée et une nuit dans une pièce étroite, sans rien à boire ni à manger, sans toilettes, est une chose. Mais n'avoir rien, absolument rien à faire est bien pire. Louise ne pouvait même pas s'allonger, tant la pièce était petite. Il est inutile de relater ces vingt-quatre heures. Mais l'on peut dire que c'est après vingt heures passées dans la solitude la plus complète, dans l'angoisse de l'avenir, dans la faim et le désœuvrement, que Louise perdit la tête. Oui, quand Madison et son acolyte ouvrirent la porte de la petite chambre, elle était devenue folle. Elle gémissait, se balançant d'avant en arrière, et lorsqu'elles lui dirent de se lever, marcha de façon complètement déséquilibrée.
- Oh putain, dit Madison, on l'a rendue dingue. Je la croyais plus résistante.
- C'est dégueulasse, enchaîna l'autre, elle a pissé, faudra nettoyer.
Si les deux monstres avaient laissé partir Louise, avec un peu de temps, du repos et un suivi médical, elle aurait pu redevenir normale. Mais elles ne s'arrêtèrent pas là. Madison traîna Louise par les cheveux dans une autre salle. Elle la balança par terre sans douleur et s'approcha d'elle.
- Hmmm, et si je l'étranglais, comme sa chère infirmière ?
Louise se mit à pleurer. Elle criait comme un enfant, elle voulait que ce cauchemar s'arrête, elle voulait qu'on la laisse tranquille.
- Non, coupe-lui ses chers cheveux, et fais-les lui bouffer.
Madison hésitait ; elle prenait son temps. Louise n'en pouvait plus.
Encore une fois, il serait pervers de raconter les horreurs que lui firent subir les deux monstres. Lorsque Louise fut relâchée, elle ne pouvait plus marcher. Son corps était criblé de sang, et des vulgarités écrites avec son propre sang couvraient ses bras. Elle avait des marques rouges sur le cou. Elle ne parvint pas à retourner à l'orphelinat. Deux policiers la retrouvèrent, étendue de tout son long sur un trottoir, presque morte. On téléphona, on s'informa. Elle était Louise Cohen, quatorze ans, et bredouillait des paroles incompréhensibles...

On donna ses effets à Louise et elle fut transférée à l'hôpital de Roundway (3). Elle mourut deux ans plus tard suite à une crise d'épilepsie particulièrement violente.

Elle se trouvait dans une pièce vide. Elle avait son peigne à la main et était vêtue de la robe de sa mère. Cela lui rappela ce jour. Ce jour où ses cheveux avaient commencé à lui faire mal. Ce jour où ils avaient commencé à lui manger le cœur et le cerveau. Elle regarda son peigne pour effacer ces pensées. Elle ne se demandait pas où elle se trouvait. Elle voulait de la compagnie. Une petite voix retentit soudain :
- C'est le moment de renaître maintenant. Oublie ta triste réalité et ouvre cette porte.
Qui était là ? Qui parlait ? Louise entendait une petite fille mais ne la voyait pas. Est-ce qu'elle pouvait quand même la peigner, juste un peu ?
- Elle te mènera à la première étape de ton voyage... Bon jeu !
La fillette acheva sa phrase avec un rire cristallin. Louise ne regarda même pas la porte. Elle décida d'attendre ici pour l'éternité. Elle resta dans cette pièce pendant dix heures. Mais la faim, et surtout, le manque cruel de compagnie, la firent changer d'avis.

Et elle ouvrit la porte.


ANNEXE :

Notes :
(1) : Orphelinat situé dans l'Endless street à Salisbury dans le Wiltshire, dirigé par Miss Elizabeth Hall.
(2) : "Son nom est Louise Cohen. J'espère que vous pourrez lui donner la meilleure éducation. Merci beaucoup de l'accueillir. Dieu vous bénisse".
(3) : Roundway Hospital, connu également sous le nom de Roundway County Lunatic Asylum, est un asile psychiatrique du Wiltshire.

Dossier photographique :
Spoiler:
 
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Arme: des couteaux de cuisine ?
Autre chose à dire mon petit ?: Hin hin... tuer, tuer... !
MessageSujet: Re: [100 %] Rapunzel wants you to comb her ~ Jeu 29 Avr - 21:47

    Bienvenue bienvenue à toi Very Happy !!!

    Alors tout me semble correct, j'aime beaucoup ta façon d'écrire, c'est comme si on était carrément observateur de l'histoire ! En gros j'adooore *____* !! XD

    Pour les questions d'orthographe je vais régler ça Razz !

    Voilà voilou, je te valide. Bon jeu.
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MessageSujet: Re: [100 %] Rapunzel wants you to comb her ~ Jeu 29 Avr - 21:53

Merci beaucoup à toi ! : D

Ah oui, juste une question : finalement, Louise a le droit d'habiter dans le Sleeping Castle ou pas ?
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Arme: des couteaux de cuisine ?
Autre chose à dire mon petit ?: Hin hin... tuer, tuer... !
MessageSujet: Re: [100 %] Rapunzel wants you to comb her ~ Jeu 29 Avr - 21:56

    Je n'y vois aucun inconvénient Razz, tu peux. Je vais faire ça Very Happy !
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MessageSujet: Re: [100 %] Rapunzel wants you to comb her ~ Jeu 29 Avr - 23:10

Hiii, merci encore !
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MessageSujet: Re: [100 %] Rapunzel wants you to comb her ~

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[100 %] Rapunzel wants you to comb her ~

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