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Le Do perdu ...

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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Mar 27 Avr - 18:47

- Je suis désolé, j'ai cru...

Ouais, mon pote, comme les autres t'as cru que j'étais qu'un corps humain avec des pensées bizarres mais sans âme. Bah, laisse courir, j'peux pas non plus t'en vouloir, c'est vrai que j'y ressemble un peu, à cette vision. En tout cas, c'est ce que j'aurais voulu répondre. Et ce que j'aurais répondu (sans hésiter) si je n'avais pas envie que les choses se terminent si mal. J'ai songé à me rallumer encore un clope. Mais j'ai eu la flemme, alors j'ai continué de tirer sur mon filtre. C'était dégueulasse, mais ça occupait les mains, la bouche (ça me brûlait d'ici la tuyeauterie mais bon) et le cerveau. En plus, dans ma tête, ça sonnait un peu creux. J'essayais de ne pas vomir, ni de penser.

Lève le bras, plie le, tire, repousse le bras, souffle la fumée, redescend le bras.

Et puis il a recommencé ses délires de "je te touche, je te donne envie, et puis je me tire". C'que ça m'agaçait. M'enfin, j'avais toujours mon morceau de papier à moitié crâmé dans la main, s'il m'emmerdait trop, je pourrais au moins lui foutre le feu (avant de le poignarder soixante-treize fois exactement). Pourquoi soixante-treize? Comme ça, j'aimais bien les nombres bizarres. En plus, de tête comme ça, je peux dire que c'était un nombre premier. Quoi de plus strange et inapproprié qu'un nombre premier? Aucune idée, alors c'était tant mieux.

J'suis restée inerte dans ses bras, à me demander si c'était trop malpoli de secouer ma clope pour faire tomber les cendres (du filtre toujours). Mais j'ai rien fait. J'ai même fait passer mon début de soupir pour juste un quinte de toux. Et puis, il a dit un truc que j'ai tellement adoré (même si je l'ai pas vraiment montré) que c'en était presque désagréable. Yeux humides, coeur qui battait fort (trop fort, ça me faisait mal) couleur au visage (alors que mes veines étaient attrophiées depuis toujours).

- Tu crois qu'on s'aime?

J'ai pas répondu. Primo parce que je savais pas quoi répondre (j'avais pas vraiment d'expérience en la matière) et aussi parce que si je trouvais quelque chose à répondre un jour, ce serait prise de tête... Si je l'aimais, j'en savais rien. S'il me faisait de l'effet, déjà un peu plus. Mais est-ce que c'était de l'amour, j'en savais vraiment rien. J'ai songé à ne pas lui dire, mais j'ai eu un peu peur qu'il me laisse (et j'avais pas besoin de ça). Donc j'ai commencé à me dire que si je ne voulais pas lui dire que je ne l'aimais probablement pas et que je ne l'aimerais probablement jamais, c'était que peut-être je l'aimais. Mais j'en étais toujours pas sûre, d'où le doute... Et ainsi de suite. Ah bah oui, j'avais bien dit qu'il n'y avait pas qu'un seul cercle vicieux chez moi.

Pour combler le blanc qui s'installait, j'ai balancé ma clope par dessus bord (en fait, elle me crâmait la main) et je l'ai aggripé par le tee-shirt. Au début doucement, et puis à la fin, tirant dessus à l'en déchirer. Je me suis aussi plaqué un peu plus fort contre lui. De rage, peut-être, de désespoir, un peu, ou alors juste parce que j'avais envie, beaucoup.

- J'en sais rien... que j'ai fini par lâcher.

Je priais pour qu'il prenne bien ce "j'en sais rien", parce que c'était pas un "j'en sais rien -> va chier connard" mais un "j'en sais rien, et j'aimerais bien savoir". Et puis aussi parce que je savais que s'il me lâchait - pardon - s'il m'abandonnait seule sur ce toit, je n'aurais plus que deux solutions pour garder ma dignité : sauter ou alors rejoindre Raymond. Et dans ma tête le choix était vite fait. J'ai tout de même levé la tête vers lui.

- Tu crois que c'est possible, toi?

Ca devrait le retenir encore un moment, avant qu'il ne me jette. Et puis, histoire de l'achever, de le clouer là sur place...

- Moi j'suis pas sûre, ai-je dit en un murmure.
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Ludwig Ratstaker
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Mar 27 Avr - 21:16

Il avait attendu, pas une réponse, mais une quelconque réaction, et il l'avait eut, elle l'avait serré de plus en plus fort, comme si elle avait eu peur qu'il tombe, où encore comme s'il avait été quelque chose de très fragile ou précieux, genre de chose qu'on ne veux surtout prêter à personne.

Un non ferme et définitif, suivi d'une violente poussé depuis le toit jusqu'au sol où son corps aurait fait un bruit mat, voilà à peut près ce à quoi il s'attendait, il eu en fait, droit a une étreinte plus que cordial et à un «j'en sais rien», il s'estimait donc relativement heureux. Il l'avait dans les bras, sa boule à l'estomac avait disparu, c'était bien … mais ça aurait une fin … il serait pourtant resté ainsi toute sa vie s'il avait pu …

Et puis elle avait levé la tête, comme pour lui montrer qu'elle portait un minimum d'intérêt à ce qu'il disait, c'est du moins comme ça qu'il l'interprétait. Alors il baissa la tête (légèrement parce qu'il n'était pas si grand que ça malgré tout), et la regarda lui aussi.


-Tu crois que c'est possible, toi?

Elle, elle en était pas sur, ça voulait dire qu'elle y croyait pas trop … mais un peu quand même, c'était ça non ? Et lui … il pensait a l'instant qu'il avait rarement connu une fille aussi différente de lui … le jour et la nuit en fait, il était le rats et elle, la souris, il entendait déjà ses compères rats «UNE SOURIS !», bah oui une souris que voulez vous que je vous dise.

Ce qu'il y avait de bien c'était qu'au moins l'un compléterait l'autre et vice et versa, mais bon, on entendait trop souvent au goût du flûtiste «Qui se ressemble s'assemble». Phrase qui avait le don de le déranger en ce moment même. Il ne s'attarda pas trop dessus.

Il pensait alors à une autre solution «Je n'ai pas envie de le voir quand il est là, mais j'ai envie quand il n'est pas là, j'ai aussi des palpitations quand il me touche et des bouffées de chaleur aussi» «Mmmmh, quand les bouffées de chaleur ?» «Ah ben, souvent, quand je le vois, quand je pense à lui, et quand il me prend la main, alors, c'est grave docteur ?» «Non, pas d'inquiétude, vous êtes juste amoureuse !».

Ou encore il déposait un tout petit baiser papillon sur ses lèvres et «Vous avez trouvé ça trop court ? Vous avez envie de recommencer ? Alors vous êtes amoureuse !». Il secoua la tête, non, il délirait grave là et ça ne l'aidait pas vraiment a savoir ce qu'il allait répondre.

Venant de s'apercevoir qu'il la regardait toujours, il recommença à la serrer, et il passa, par dessus le marché, sa main dans les cheveux de Carry pour appuyer se tête contre lui. Il n'avait en fait pas vraiment envie de parler, il goutait l'instant, il pressentait que ce serait la première et la dernière fois que ça se produirait.


-Je vais pas t'assaillir de mots, les belles paroles, ça, c'est les caresses de l'esprit …

Il posa ses main sur les joues de Carry en se noyant dans ses yeux, il se rapprocha, mais tout doucement, comme dans un ralenti puis s'arrêta à trois centimètre de sa bouche. Ainsi pour ne pas la brusquer, pour ne pas l'agresser, il la laissait décider si elle voulait les franchir ces centimètres. Oui, il était comme ça, il avait vraiment l'impression que les gens allaient se sentir violés si c'était lui qui décidait, comme ça, arbitrairement, de les embrasser.
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Ven 30 Avr - 21:16

J'ai pas compris ce qu'il avait dit. J'ai fait comme si j'avais saisi. Ca ne me ferait pas passer pour une idiote et lui il serait content. J'ai relâché un peu mon étreinte ; parce que j'avais mal aux jointures. Et puis je mourrai d'envie de me dérober. Il était près, trop près, et j'avais l'impression qu'il se rapprochait... J'ai frémi, mais j'ai fait comme si j'avais froid. Je ne voulais surtout pas lui montrer que j'avais peur de lui (et de ce qu'il pourrait me faire si je restais bien sagement là, dans ses bras) à cet instant. J'ai relevé la tête pendant qu'il descendait la sienne, et là j'ai cru que j'allais prendre mes jambes à mon cou.

C'était pas que je pensais qu'il allait me frapper, me faire du mal, quel qu'il soit. C'était juste que pour la première fois de ma vie (enfin, avec mon frère c'était peut-être la deuxième) j'allais peut-être éventuellement montrer des sentiments et des émotions à quelqu'un. Et si je ne le faisais pas (en dehors de mes tendances autistes) c'était parce que j'avais peur d'avoir mal. Alors je m'étais construite une carapace épaisse, de plus en plus épaisse, que personne (sauf moi) pouvait faire ceder. L'embrasser, et donc, me mettre en couple avec lui, et donc, l'aimer (à la longue) ça voulait dire exploser la barrière.

Mais est-ce que j'étais prête à le faire pour lui...? J'ens avais rien, et plus j'y pensais, plus ça me terrorisait. Et puis je me suis dit que si je tremblais comme une feuille (parce que je venais de me rendre compte que j'avais des petits spasmes qui me parcouraient le corps) c'était parce que 'javais peur de souffrir, parce qu'au fond, je ne voulais pas être déçue... Et ma deception découlait de mon désir. Je me suis re-cramponée plus fort à lui, parce que je savais qu'il falalit d'abord que je me calme.

Et puis dans la famille "hystérique" y avait mon impitoyable envie de le claquer, de le foutre par terre à coup de poings, de le chevaucher sauvagement (pas la peine vous imaginiez une partie de jambes en l'air feroce, c'est pas le cas...) Et de lui cramer sa chemise directement. L'imoler par le feu, mwahahahah. Il m'agaçait, ah ça, vous ne pourriez pas imaginer, comme il m'agaçait à ne pas se décider de s'il allait m'embrasser ou non. Et même s'il me laissait le choix, il aurait pu se rapprocher, continuer de me caresser la joue et me demander "j'ai le droit de t'embrasser?" et attendre ma réponse. Pas me forcer à faire le premier pas !

Parce que j'avais pas vraiment d'expérience en hommes et en baisers. Ety puis mon côté germaphobe me faisait haïr tout contact d'un orrifice de mon corps et d'une langue étrangère. Mais bon, j'ai retenu mon soupir d'exaspération, j'ai rangé dans un coin de ma tête mon envie de le faire cramer, lui et toute sa famille (de rats, probablement) sur cent une générations.

Alors je me suis avancée, un peu, pas trop. En fait, je savais pas trop comment faire. La tête à droite? À gauche, toute droite? Non, là, je risquais de lui coller un coup de boule. Quoi que, ça aurait pu être sympa aussi. Huhu. J'ai reculé de quelques millimètres à peine. Juste pour reprendre mon souffle (que j'avais perdu loin loin avant dans la conversation). Et puis, j'ai vivement monté mes bras définitivement autour de son cou. Je me suis pendue, ainsi, à ses lèvres, parce que j'avais décidé que j'allais faire comme je pouvais sans me prendre la tête (sinon, dans dix minutes on y serait encore).

Nos lèvres sont restée collées un petit moment. Et puis je me suis rendue qu'il y avait un contact entre nous depusi plus de trois secondes, alors je me suis décollée. J'ai essayé de me retenir de m'essuyer la bouche, mais en vain. Je me suis frottée les lèvres avec le pouce. Mais attention, de façon classe. J'avais pas envie qu'il le prenne mal, j'étais juste moi. Et j'allais le rester.

Je l'ai quand même regardée dans les yeux, un petit sourire à la fois maccabre (mon sourire habituel quoi) et un regard pétillant, content, sur les yeux. J'ai hausse les épaules. Mon sourire devint un peu plus doux.

- Alors on est un couple...?

C'était à la fois une question et une affirmation.
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Ludwig Ratstaker
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Sam 1 Mai - 15:56

C'est quand elle avait tremblé qu'il s'était dit qu'il y avait quelque chose de louche, il ne faisait pourtant pas froid. Et elle avait retenue sa respiration … c'était pourtant pas comme si elle allait en exploration sous-marine ? Il ne bavait pas tant que ça, si ? Peut être qu'elle avait eu des échos … ou peut être qu'elle n'était tombée que sur des baveux … il se posait toutes ces questions, sans vraiment se les poser.

Il eut, malgré tout, droit à ses réponses, et oui dès qu'elle eut posé ses lèvres sur les siennes, il su ! Ah ah quoi vous allez me dire, mais que c'était la première fois qu'elle embrassait quelqu'un, et oui. Rien n'aurait pu le convaincre mieux que cette petite bouche hésitante et maladroite. Alors lui pris l'envie de sourire, mais il se retint. C'était tellement mignon qu'il n'essaya même pas de franchir la barrière de ses dents avec sa langue. Il était assez content de lui, même s'il se disait, très franchement, qu'elle aurait mérité quelqu'un d'autre, quelqu'un de mieux que lui comme premier, mais bon …

Il se laissa gentiment faire, par ses lèvres toutes douces, toutes jeunes. Des bras étaient passées autour de son cou, il posa ses mains su les hanches (quasi inexistantes) de Carry, et savoura un instant son bonheur, tout en essayant d'oublier le tourbillons de pensées qui faisait rage dans son crâne.

C'était le premier, mais c'était aussi à lui de faire en sorte que se ne sois pas le dernier. A cette pensée il angoissa, l'univers s'ouvrait à lui, il n'y avait pas pensé sur le coup mais qu'est ce qu'il avait dû la brusquer, et lui reprocher ce qu'elle avait dit, quel crétin fini il faisait vraiment ! Toute cette retenue, toute cette pudeur qu'il avait pris pour argent comptant n'était en fait que … bah oui de la protection, et c'était de lui qu'elle se protégeait ! De lui et de tous les autres ! Quel abruti vraiment. Si choquée parce qu'il lui avait pris la main, mais évidemment ! C'était fou à quel point ça sautait au yeux, pourquoi ne l'avait-il pas remarqué plus tôt.

Si ç'avait été le cas, jamais il n'aurait autant insisté, et il aurait taché de la prendre avec un peu plus de délicatesse, et toutes ces scènes n'auraient pas eu lieu, mais oui les scène, plus il y pensait plus il se demandait comment elle avait fait pour ne pas s'effondrer la malheureuse ! Lui ne s'imaginait même pas si son premier coup de cœur s'était passé comme ça, il se serait surement enfui, complètement dépité, et se serait fait moine dès le lendemain !

Le baiser ne dura (hélas) guère longtemps, vite elle se retira, non sans s'essuyer discrètement la bouche quand même, Ludwig ne put réprimer un sourire, elle s'en tirait quand même vachement bien, lui, la première fois il avait cracher par terre et sa pensée à l'époque était *Putain c'est dégueulasse, on dirait des vraies limaces !*. Donc Carry avait, par rapport, beaucoup plus de tact.

Et puis alors elle l'avait regardé avec une expression qu'il n'avait jamais vu auparavant, une de ces expressions qui lui donnait envie de l'embrasser encore et encore, longuement et langoureusement, ou encore de la prendre par la main et de l'emmener jusqu'au bout du monde, là ou il faut faire attention de ne pas tomber. Mais il s'ôta rapidement ces idées de la tête, il fallait faire preuve de toute la douceur du monde à présent.

Aussi quand il eut droit à la question, il fut tenté de répondre qu'elle en posait de ces questions ! Ou encore que de toute façon le mot «couple» n'était pas une valeur fiable, puisqu'après tout, il y avait des couples qui ne tenait le coup qu'une demi-heure. Non, au lieu de ça il se contenta de lui faire un bisou sur le front, de s'écarter un peu d'elle pour la contempler, pour graver dans sa mémoire le sourire et le regard qu'elle avait en ce moment. Il envoya un sourire tout doux, tout tendre a son tour. Il passa à nouveau sa main sur la joue de la demoiselle, en la regardant comme s'il la voyait pour la première fois, il passa son autre main dans les cheveux de la belle

Il alluma une cigarette avant de la caler au bec de sa dulcinée et d'en rallumer une autre. Puis il s'assied sur les ardoises pour contempler le ciel, Carry s'assiérait peut être à coté de lui. Il tira, le ciel se faisait noir et il n'y avait toujours pas d'étoile.


-Qu'est ce que tu en pense ?

C'était une question envoyée comme ça à tout hasard, il n'attendait pas de réponse précise, peut être qu'il répondait à la question qu'elle lui avait posée par une question, ou peut être qu'il lui demandait ce qu'elle pensait de la situation, ou du baiser ou de lui ou de sa cigarette, il aimait poser se genre de question, parce qu'il y avait une possibilité infini de réponse. Et puis l'autre question, plus rationnel, qui s'imposa à lui c'était :

-Tu as peur ?
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Lun 3 Mai - 9:01

J'ai pas répondu à sa première question, j'écoutais pas. J'ai même pas fait semblant d'avoir écouté. M'enfin, c'est pas non plus comme si j'avais dit "hum pardon j'écoutais pas". Juste je m'en foutais. Je fumais, j'étais bien, sur ce toit, avec la petite brise fraîche. Le seul truc qui aurait pu gâcher ce moment ç'aurait été une intervention de Raymond. Mais bon, il faisait pas parler de lui alors c'était tant mieux. Et puis il me posa une autre question, bien plus pertinente, et que cette fois, même si j'aurais voulu ne pas l'écouter, j'aurais de toute façon été forcée de l'entendre (non pas que je dise que je ne voulais pas l'écouter mais... Bon j'm'embrouille.).

- Tu as peur?

J'ai fait la grimace. Pas une vilaine, juste une moue d'hésitation, de déstabilisation. Rien de bien méchant, mais tout de même une légère grimace. Parce qu'il fallait comprendre (et ce même si je l'avais déjà dit) que je savais plus ou moins ce qu'il pouvait me faire (j'avais observé suffisament les autres pour savoir le genre de coups bas qu'on peut faire) et que même si il me manquait des cases, j'étais pas masochiste. J'ai pris ma clope dans ma main en me faisant une liste mentale de tous les coups bas, les trahisons, et tout et tout qu'il pouvait me faire. Et au fur et à mesure que ça venait, je soufflais.

Primo, aimer quelqu'un tout court, c'était déjà souvent dur et prise de tête. Je pensais pouvoir gérer, mais je ne me faisais pas d'idées. Secundo, il pouvait très bien, au bout de quelques jours aller voir ailleurs ; bon je donnais pas cher de la peau de la petite choupinette en sucre (qui finirait probablement au bûcher) mais je serais obligée de le tuer tuer aussi (oui c'est comme ça, ça marche par deux). Tertio, même si je l'aimais, (peut-être hein), est-ce que lui il m'aimerait vraiment? Est-ce que le doute me donnerait pas envie de tuer?... Etc etc. Je vous passe rapidement la liste : il pourrait me tromper, me laisser, me rendre jalouse,... Tous des trucs qui n'étaient pas forcément super agréables. Pour faire simple : oui j'étais terrorisée.

Mais un petit mensonge de temps en temps, ça fait de mal à personne.

- Non, pas vraiment.

Et j'ai re-tiré sur ma clope.

- J'espère seulement que ce baiser c'était pas du vent.

Un mensonge oui, mais tout de même avec un fond de vérité.

- Parce que ça m'ennuierait de te haïr et d'avoir à te tuer pour passer mes nerfs.

Je lui ai balancé un sourire. Si je n'avais pas dit ce que j'avais dit avant, j'aurais pu avoir l'air sincère. Mais là, c'était vraiment malsain et du foutage de gueule. Mais pour me faire pardonner, j'ai effleuré sa joue de ma main. J'ai rougi, un peu. J'avais envie de l'embrasser. Mais je voulais que ce soit lui qui franchisse le pas, là.
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Ven 7 Mai - 23:48

Bon elle n'avait pas peur c'était déjà ça, mais Ludwig se sentait quand même un peu déçu, ben oui lui était carrément mort de trouille à son premier coup de cœur, paralysé devant le grand vide de l'inconnu qui s'étendait devant lui à l'époque. Il était donc un peu bras ballants devant cette affirmation. Et puis elle avait dit ça :

- J'espère seulement que ce baiser c'était pas du vent.

Une petite boutade s'ensuivit, il sourit mais au fond c'était la deuxième phrase qui l'avait fait tomber des nues, mais pour qui le prenait-elle ? Un vulgaire coureur de jupons ? La boule dans son estomac avait de nouveau fait son apparition, mais cette fois parce qu'il commençait sérieusement à angoisser. S'il se lançait dans l'entreprise de l'aimer, Carry allait le bouffer de l'intérieur, elle était tout à fait le genre de demoiselle qui vous rend faible et languissant, qui vous rend fou d'elle, du moindre de ses gestes, et qui dispose de votre vie à sa guise.

Un tel engagement vis à vis d'elle se réfléchissait sérieusement, il n'était en aucun cas question de frivolité, c'était quelque chose de lourd qui s'emparait de lui, qui lui oppressait la poitrine, lui avalait le souffle. Il avait pourtant vraiment envie de la garder avec lui, de la toucher, de la sentir, de l'embrasser mais … au moindre écart il risquait fort d'y laisser sa peau.

Et puis il n'y avait pas que ça, il y avait aussi elle, et si c'était Carry qui l'abandonnait, est-ce qu'il pourrait vraiment surmonter la douleur ? Est-ce qu'il parviendrait à oublier les sentiments si forts dont il aurait eu besoin pour être avec elle ? Et puis ne parlons pas du fait des longues années dont il aurait besoin pour l'oublier.

Une main frôla sa joue, il l'attrapa au vol et se releva, il avait les joues rouges et le souffle court, un sentiment indéfinissable s'emparait de lui, il se dressa face à elle :


-Vraiment, ça t'ennuierais tant que ça de me tuer ?

Il eut un maigre sourire, guère convaincant, ce n'était pas vraiment ça qu'il voulait dire mais il se sentait obligé de répondre à la boutade. Peut être pour s'affirmer, peut être pour dire qu'il n'était pas non plus légumifiè rien qu'à la voir (bien que ce n'en était tout de même guère éloigné) ou peut être tout simplement pour ne pas avoir à dire autre chose …

Il la regarda un instant, puis, prit soudainement d'un désespoir infini, il l'embrassa, avec toute la tristesse et la douceur qu'il pu y mettre. Il resta un long moment ainsi, toujours en gardant sa langue bien sagement rangé derrière ses dents. Et lorsqu'il eut fini, il passa son doigt sur la bouche de Carry, bah oui histoire qu'elle ait pas besoin de le faire toute seule.

Il la considéra un instant, il aurait voulu lui dire toute sorte de choses, des tous et des riens, des choses qu'elle n'aurait surement pas écoutées, mais qui auraient résonné à ses oreilles, comme une espèce de chant qu'on perçoit dans l'écho d'une montagne sans fin. Il se noya un instant dans ses yeux, puis lui saisi subitement les mains en se rapprochant si près d'elle que leurs nez se touchaient presque.


-Je te promet que, si jamais nous nous séparons, ce sera toi qui ne voudra plus de moi !

Ce qui était fortement sous entendu là dedans, c'était que ce ne serai surement pas lui qui la quitterais. Une chose de dite, détournée mais dite. Un serment irrévocable qu'il venait de prêter, une promesse inviolable qu'il tiendrait soi jusqu'à ce qu'elle parte, soi jusqu'à la mort …
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Sam 8 Mai - 10:58

J'aurais voulu me retourner, marcher un peu, fumer, vivre quoi... Mais il me prit les mains, et me "força" à rester près de lui. Il angoissait à mort, c'était sûr... Moi, ça allait un peu mieux, j'avais dit ce que j'avais à dire, maintenant le quart mélo-dramatico-sentimentalo... etc... Pouvait s'arrêter. Mais j'ai pas reculé, je suis restée sagement face à lui, à le regarder doucement (il ne se rendait probablement pas compte de l'effort que je fournissais pour ne pas me dégager sèchement, ou à le tuer du regard), essayant pour une fois d'être humaine. Je suis restée là, le coeur battant un peu (parce que j'avais pas l'habitude du contact prolongé plus de trois secondes et que là je luttais pour ne pas lui éclater la tête sur quelque chose...

- Je te promets que, si jamais nous nous séparons, ce sera toi qui ne voudras plus de moi !

J'ai serré ma clope entre mes molaires, histoire qu'elle tombe pas, et j'ai marmonné.

- Y a des chances, ouais.

Fallait comprendre aussi. C'était pas parce que j'étais "heureuse" (pff, comme si c'était possible non mais...) que je "l'aimais", que j'avais envie "d'être avec lui" que j'allais rester une barbie pour la fin des temps. La fin des temps survenant probablement avant ma mort... Enfin, ce que je voulais lui faire comprendre (et même si c'était tordu) c'était que je restais moi, et que ce serait bien s'il faisait la même chose. J'ai retiré doucement une de mes mains des siennes et j'ai pris ma cigarette.

- Alors... Euh...

Blanc. Je savais pas comment formuler mon idée, c'était horrible.

- On est censés se balader main dans la main et se dire des mots d'amour...

Re-blanc. J'arrivais pas à mettre de mots "sympathiques" sur mon idée... J'ai soupiré doucement, faisant passer ça pour juste "un souffle de fumée".

- Ou alors on peut juste s'embrasser et faire comme avant?...

J'ai levé les yeux vers lui, doucement, de façon un peu soumise. Oui, ça m'étonnait moi aussi, mais que voulez-vous. Même si je restais moi-même, j'allais changer un peu. J'ai rougi une nouvelle fois. Trop de contact, tue le contact. Mais j'ai fait comme si ça ne me faisait rien et j'ai souri. Un sourire légèrement hypocrite quand même.

Je lui demandais son avis, parce qu'au fond, je savais que j'étais morte de trouille et que je préférais que ce soit lui (momentanément) dirige tout ça, m'explique comment on était censés s'y prendre. Je voulais pas faire de gaffe, et puis je savais aussi que si je le mettais sur un piédestal (c'est-à-dire au dessus de moi) ça le rassurerait probablement. Et comme ça, il fipperait moins. Et comme pour me convaincre que j'allais réussir à tenir cet engagement, je me suis blottie contre lui.

Je me sentais à la fois merveilleusement bien et à la fois, horriblement oppressée. Mais pour la première fois de ma vie (non c'était pas vrai mais c'était horriblement classe) je pensais à quelqu'un d'autre, et soit dit en passant le type que j'étais à soixante-dix pour-cent sûre d'aimer.
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Sam 8 Mai - 23:48

Elle en avait de ces idées parfois, se tenir la main, se dire des mots d'amour … elle ne tiendrait même pas deux jours s'ils se cantonnaient à ça. Elle s'était blottie contre lui, il la laissa faire, mais ne passa pas ses bras autour d'elle, pour ne pas l'emprisonner peut être, peut être pour lui faire comprendre qu'il la laissait quand même libre. Il la saisi par les épaule pour la mettre bien en face de lui.

-On fait ce qu'on veut, Carry, on peut se balader en marchant sur les main, on peut tuer tous les gosses boiteux du pays, on peut se coucher à sept heures et se lever à huit, on peut …

Il s'arrêta un instant, lui lâcha les épaule, il avait débité tout ça sans reprendre son souffle, après tout c'était vrai, il n'y avait absolument aucune raison pour qu'ils se sentent obligés de faire un film à l'eau de rose de leur vie de couple.

Et puis il ne sentait pas trop chaud pour sortir des «Le ciel me paraît plus bleu et les oiseux plus gai quand je suis avec toi» ou bien «Quand il devient difficile de nager dans tes yeux, je m'y noie» ou encore « Oh ! Ma choupinouchette chérie d'amour à la crème renversée avec des noisette et de la chantilly, ça va ?» … bref toutes ces choses, il ne s'en sentait guère capable.

Pas qu'il n'ait pas des instant de poésie par moment, et oui il restait un artiste malgré tout, mais s'il devait se mettre à cette sauce, il devrait sans cesse cogiter à ce qu'il allait lui dire et bon ce n'était pas que ça le gênait tant que ça mais il allait surement devoir se préparer un stock impressionnant d'aspirine …


-Enfin tout ça pour dire qu'on est pas obligé de faire comme tout le monde. Et ça principalement parce que t'es pyromane, et que je suis fou à lier.

Bah oui avec des différences aussi flagrantes il était presque évident qu'il ne pourrait pas faire comme tout le monde, puisque déjà, individuellement, ils n'étaient pas comme les autres. Donc forcement ils pouvaient continuer à faire leur bizarreries, mais ensemble.

Il voulait faire passer quelque chose mais les mots se succédait dans sa tête et ne semblait pas vouloir convenir à la situation. Il finit par lâcher, dans un souffle, sans même prendre le temps de réfléchir :


-L'amour, c'est pas une prison …

Merde, est-ce qu'il avait vraiment dit l'amour ? Il s'était vraiment fait fait avoir comme un bleu, lui qui ne voulait pas l'effrayer, bah c'était raté. Là c'était carrément une bombe, il n'aurait pas pu faire mieux, bravo Ludwig, vraiment, félicitation !

Il avait rougit (encore me direz vous) et baissé les yeux,. Il bafouilla un instant quelque mots pour se justifier :


- Euh … je … ce que je voulais dire …
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Dim 9 Mai - 16:59

"Parce que t'es pyromane et que je suis fou à lier".... Pour moi, la pyromane, il n'était pas vraiment fou. Peut-être un peu "décalé" des autres et de leurs méthodes étranges, mais fou, ça non. Et puis je me jugeais pas non plus comme étant "pyromane", oui bon, d'accord, j'aimais jouer avec le feu, mais de là à me déclarer "pyromane" quand même... C'était pas comme si je... Oui, si, enfin, bon, je savais que j'avais raison. M'enfin, c'était pas pour autant qu'on était pas "normaux". On était juste bizarres. M'enfin, il avait probablement raison au fond, je... Oh non, quand même pas ! Je... Je lui faisais confiance...

J'ai arrêté de l'écouter quelques secondes, où je m'injuriais mentalement, où j'essayais de me justifier le fait que non c'était pas possible, que je pouvais pas lui faire confiance, et ce pour la bonne et unique raison que je ne me faisais même pas confiance à moi-même... Il aurait pu le remarquer à mes yeux qui tressailaient un peu, en fonction des arguments que j'alignais. À droite pour les arguments en SA faveur (c'est-à-dire : je lui fais confiance) et à gauche pour les arguments en MA faveur (c'est-à-dire : c'est impossible). Et puis d'un coup.

- L'amour c'est pas une prison.

Bam, z'yeux bien au centre, fixes, un peu ecarquillés même. Il a commencé à bafouiller. Mais bien sûr, ça n'allait pas le sauver plus que ça... J'ai eu un sourire mauvais. Pas un sourire assuré, juste un rictus qui lui annonçait une fin proche (et horriblement douloureuse, pour le moins, pour son ego).

- T'as dit quoi là?

J'ai reculé. En fait, j'étais un peu horrifiée, et d'un autre côté, j'avais vraiment très envie de lui péter les dents et de les lui faire gober juste après. Mais je me suis juste reculée (d'ailleurs, même si j'ai fait mine qu'il s'était rien passé, j'avais failli joliement me casser la gueule) avec l'envie de courir et de sauter dans la rue. Chute probablement mortelle.

- Ne redis jamais ça sans mon autorisation.

Là dessus, je suis redescendue du toit. Je pensais qu'il allait me suivre. J'ai failli me paumer de nouveau et retourner câliner Raymond, mais au final, j'ai trouvé notre chambre. J'ai enlevé ma veste, que j'ai pliée, bien sagement au bout du lit (et même si elle allait finir par terre, je faisais toujours ça) ce qui faisait que j'étais en débardeur. J'aurais pas dû. Parce que sans la veste on voyait encore plus que j'étais plus que plae, et que quand même, j'avais bien envie qu'il me trouve sexy... J'ai tiré sur mon débardeur, un peu pour finir de cacher mes formes, parce que j'en avais honte.

J'ai viré mes chaussures aussi, mais elles je les ai laissées traîner par terre. Et je suis partie me coucher, toute roulée en boule. J'avais peur, j'étais totalemet tétanisée. J'avais pas envie qu'il tente quoi que ce soit parce que c'était la première fois que je "dormais avec un type". Mais en même temps, je savais bien qu'il y avait de fortes chances pour qu'il le fasse... J'ai vu que je tremblotais alors je me suis concentrée pour arrêter.
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Dim 9 Mai - 20:10

-Ne redis jamais ça sans mon autorisation.

*Oui maîtresse, pardon maîtresse, tu veux aussi que je remue la queue, que je tire la langue, et que je grogne un autre chien s'approche*. Non mais c'était vraiment incroyable ça ! Il ne pouvait même plus disposer librement de son latin, il se voyait déjà après trente ans de vie de couple «J'ai le droit de te dire que je t'aime ?» ! Mais après tout il ne pouvait pas dire qu'il ne s'y était pas préparé, il se doutait un peu que se genre de réaction ne serait pas la dernière, et il n'avait rien dit, et pourtant … dieu sait combien il en avait envie !

Et elle était partie comme une furie par la trappe, alors il fit la chose la plus naturelle qui soit dans se genre de situation, il alluma une cigarette, pour calmer son état d'énervement extrême, oui un peu de self control tout de même, il n'allait pas non plus la suivre …


… comme un chien …

… en courant, juste pour lui dire qu'ils n'en avaient pas fini et que la discussion était loin d'être close. Alors il s'assied en tailleur sur les ardoises, et sortit instinctivement sa flûte et se mit à jouer des notes en vrac, une mélodie furieuse et grave, à tel point enragé dans sa musique, qu'il ne vit pas tout de suite les rats s'attrouper sur le toit d'en face, à tel point qu'il ne se dit pas un instant que Carry était à l'étage juste en dessous et que la fenêtre de la chambre était ouverte.

Les rats galopaient sur le sommet du toit dans un sens puis dans l'autre, découpant une sorte d'ombre mouvante qui se découpait dans le ciel gris, puis quand sa mélodie devint moins lourde ils allaient en rond, c'est là que Ludwig les aperçu, il ralenti donc encore un peu sa cadence, et les rats se mirent à faire toute sorte de figure, des huit, tous en file indienne ils se coupaient la route, s'entrechoquaient, mais étaient dans un trip tellement fort qu'ils ne semblaient pas se soucier de quoi que ce soit d'autre que de leur danse.

Et le flûtiste se prit à se dire que tout était plus simple avec les rats, ils ne parlaient pas et puis ils se fichaient complètement de savoir ce qu'il leur disait. Dans un élan d'affection pour ses bêtes, il les fit monter sur son toit bientôt il fut entouré de rongeurs, il posa sa main, paume en l'air, sur les ardoises et une des bestioles grimpa dessus, il cessa de jouer et ramena l'animal à sa hauteur.


-Est ce que tu crois que les humains peuvent aimer les gens comme moi ?

Le rat le regarda avec se petits yeux, interrogateur, brillant mais aussi fou de frayeur, oui après tout Ludwig avait le droit de vie ou de mort sur la bête, il pouvait le balancer du toit si il voulait, ou il pouvait recommencer à jouer et lui ordonner de se tuer de la manière la plus immonde qui soit, après tout il en avait déjà noyé toute une colonie. Mais il s'en était repenti et il avait prouver mille fois à ces poilus qu'il les appréciait grandement et qu'il regrettait d'avoir tué un si grand nombre de leurs congénères.

-Oui, oui, je sais ! Mais pourtant ça serait quand même appréciable …

Oui, il était idiot ce rat, Ludwig savait très bien qu'il était fait pour être seul et pour s'occuper de prodiguer l'affection nécessaire aux rats, mais … cette bête ne savait pas ô combien il rêvait de pouvoir avoir une autre sorte de compagnie que les rongeurs. Et si cette compagnie, ce pouvait être Carry, et si elle réussissait à le supporter …

-Hein ? Ce serai possible ça ?!

Le rats continuait de le fixer d'un regard vide, mais il sentait tout de même la lueur d'une once de lucidité au fond de ces minuscules billes noires.

-Ne raconte pas n'importe quoi !! Cela n'a strictement rien à voir avec le sujet, enfin !

Il regarda à nouveau le rat avant de s'apercevoir que tous les autres étaient agglutinés autour de lui, il reposa l'animal dans le troupeau.

-Pff et puis de toute façon je sais même pas pourquoi je t'écoute, étant donné que tu n'as jamais eu la prétention d'être de bons conseils !

Le rat lui jeta un regard de reproche puis le flûtiste joua une rapide mélodie pour ordonner la dispersion de ses mini-soldats à quatre pattes. Puis il se leva, fit craquer ses genoux pour les désengourdir, et descendit à son tour. Mais arrivé devant la porte de la chambre il se mit à faire les cents pas, le parquet grinçait à chacune de ses pas. Il se demandait sérieusement s'il allait entrer, peut être qu'il allait encore se faire engueuler.

Mais il finit par se dire qu'il n'allait tout de même pas dormir dans le couloir, et puis qu'après tout elle serait éventuellement, probablement, voire même certainement endormie. Il ouvrit donc la porte et marcha silencieusement, jusqu'à l'autre coté de la chambre, il ôta son tee-shirt, qu'il envoya, roulé en boule, dans un coin de la pièce. Avant de se glisser dans le lit, mais en veillant tout de même à ce qu'aucune parcelle de sa peau ne touche celle de Carry, il avait assez eu de foudre pour la journée.
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Lun 10 Mai - 19:57

[Le post est un peu court, je sais, j'ai fait exprès, j'aimerais le faire traîner un peu. J'adore ce sujet. =) ]

J'ai cru que j'allais foutre le feu au lit, en voyant qu'il ne me suivait pas. Non pas que je veuille qu'il me suive comme un toutou bien obéissant (au contraire, puisque j'aurais voulu que ce soit lui qui prenne des initiatives !) mais putain, y avait quoi qui clochait ?! J'avais fait quoi encore de pas bien? Ca recommençait comme quand maman me racontait que j'étais folle et qu'il fallait que je me soigne. Qu'elle me prennait à part et qu'elle me répétait en boucle, jusqu'à ce que quelqu'un vienne nous interrompre, que j'étais un monstre, une ordure, que je mériterais d'aller vivre avec des gitans plutôt que d'avoir une famille, qu'elle aurait voulu m'abandonner enfant, qu'elle n'aurait pas eu à supporter ma personne...

Et que moi, gentiment, je faisais comme si de rien était. Je pleurais à l'intérieur. J'ai jamais su pleurer de larmes. Ni seule, ni avec des gens. Enfin je me rappelle même pas avoir pleuré, même de douleur. Et là, c'était pareil. Je ruminais ma peine et ma honte, sauf que j'étais pas en train de jouer avec mes morceaux de chou-fleur en sauce (très bons au passage, mais pas envie de manger, je préférais me laisser mourir lentement) j'étais juste agrippée au drap blanc du lit. J'essayais de pas trembler. Parce que si je tremblais, je montrais ma faiblesse.

Et puis il est venu se coucher, cet abruti. J'avais fait quoi de travers, encore? Il le savait, lui, pourtant, que j'étais différente ! Il le savait mieux que quiconque... Il m'a pas touchée. Bon, il se rendait compte qu'il y avait quelque chose de louche. Mais il se disait pas que me faire un câlin, doucement, me détendrait? Non, il savait bien que je haïssais le contact. Mais quand même, j'aimais bien être dans ses bras. J'ai pas bougé tout de suite, j'ai ravalé l'humidité de mes yeux (je refusais vraiment de dire qu'il s'agissait de larmes).

- Mais c'est quoi le putain de problème? que j'ai demandé.

Je me suis tournée dans le lit (j'avais failli penser "MON" lit, mais non, ici on était pas chez moi, on était dans un coin paumé) pour me mettre dos contre le matelas et faire face au plafond. Il était à ma droite, j'avais envie de rouleur sur lui, mais si ça tournait mal (au pitié non, pas le perdre, pas lui....) et de lui faire un câlin.

- Qu'est-ce qu'il y a...?

Cette fois j'étais hésitante. J'ai tourné la tête vers lui, et même dans l'obscurité, je savais qu'il pourrait voir le brillant de mes yeux, pas des larmes, presque. Je venais de le supplier, de ma voix la plus frêle (et dieu seul (s'il existait) que je n'avais jamais voulu l'avoir, que j'aurais préféré rester forte).

- S'il te plaît...
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Mer 12 Mai - 19:41

[Tant que tu veux, qu'on le fait traîner !]


-Mais c'est quoi le putain de problème ?

Tiens, elle devenait grossière en plus, Ludwig eut un sourire, un «putain» de la bouche de Carry pour une centaine de «merde» de la sienne. Et puis le problème, quel problème ? Il avait dit quelque chose, elle lui avait sèchement répondu, et s'était enfuie, et, maintenant c'était de lui que venait le problème ! De mieux en mieux, il ne comprenait vraiment plus rien.

Mais quand il entendit cette toute petite voix et se regard embué, dans un premier temps il se demanda un instant si il ne s'était pas trompé de chambre et dans un second temps il se dit que la malheureuse devait être encore plus pommée que lui. Sauf que d'habitude, dès que ça se corse Monsieur Le Flûtiste remballe son matériel et s'en va faire danser les rats ailleurs … mais là ce n'était pas vraiment comme si il avait des soucis avec un client, non, là il n'était pas question de remballer.

Il n'était pas question de la laisser là, planter avec ses yeux tout mouillés, non, il poussa un soupir, alors ça y était, il se retrouvait dans le rôle dans du mâle dominant, nouveau soupir, il existait peu de rôles qui lui aillent aussi mal. Mais il fallait faire le fort, il fallait faire le lion … quel bordel !

Il s'éclaircit la gorge dans l'intention de parler, mais une fois qu'il fut sur le point de le faire rien ne sortit, parce qu'il ne savait pas vraiment quoi dire, et qu'à chaque fois qu'il avait parler sans réfléchir ça s'était mal terminé.

Il réfléchit donc un instant. Voici un aperçu des diverses solutions :

-Le macho carte sur table «Écoute mignonne, il va falloir qu'on se branche rapidement sur la même longueur d'onde toi et moi.»
-Le mec cool … trop peut être «Oui, bon bah c'est bon hein, on va pas passer la nuit dessus non plus, une partie de jambe en l'air et c'est du passé hein ?!»
-Le chienchien à sa mèmère «Mais non, ma petite chérie, ne t'emporte pas, il n'y a aucun problème, tout va bien je t'assure, excuse moi si j'ai dit quelque chose qui t'as vexé.»
- L'amant épris «Mon amour, tu sais bien que jamais je ferai quelque chose qui pourras te briser le cœur, c'est le miens que tu brise en t'énervant comme ça.»
-Le négociateur raisonnable «Bon, on va essayé d'analyser ce qu'il c'est passé, ensemble, tout les deux, tu vois il est inutile de s'énerver alors on vois ça, tu veux bien ?»
-Le brise-burnes de base «Oh ça va on fait que s'engueuler j'en ai marre, je me barre !»
-Le grossier énervé «Mais putain, tu vas arrêter de me faire chier, j'en ai ras le cul que tu me casse les couilles, on peut même pu pieuter tranquille dans c'te piaule, nom de dieu de saloperie de bordel à cul de pompe à merde !»
-Et enfin l'absent «Ah pardon, tu disais ?» ou «Mmmouais.» ou «Plait-il ?» ou encore «T'était en train de parler ?»

Ludwig secoua la tête, tout ça était un peu trop pour lui, son cerveau bouillonnait, il réfléchit un long moment, avant de se dire qu'il allait bien faire un petit mix.


-Il n'y à pas de problème Carry, mais juste des ratés …

Sur quoi il lui fit un clin d'œil et esquissa un léger sourire, se rapprocha d'elle, posa sa main sur sa joue et son front contre le sien. Vus de près ses yeux était encore plus bleu et plus débordant de liquide lacrymal qu'il ne se l'imaginait.

-Tu t'angoisse trop, ce qui fait que ça te met dans un état de nerf incroyable, état qui ne colle pas vraiment à la situation, il faut à tout prix que tu te détende.

Il avait dit ça tout bas comme si c'était un secret, il avait taché de parler doucement et de ne mettre absolument aucune intonation accusatrice dans sa voix, et c'était relativement bien réussi. La main toujours posé sur la joue de Carry, son pouce s'était mis à lui caresser le coin de l'œil sans même que le flûtiste n'en soit conscient.
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Mer 12 Mai - 23:05

Moi? M'angoisser? Mais nooon, mais bien sûr que non. J'étais juste un peu à cran, principalement parce que ça me frustrait d'à la fois ne pas avoir le contrôle de la situation en d'en même temps ne pas en vouloir. Bien sûr que je m'angoissais ! C'était pas nouveau ! J'ai cru que j'allais le giffler. Mais il a passé son pouce près de mes yeux et j'ai fait la moue. Un peu dépitée, légèrement malheureuse... Je me suis mordue (encore?!), l'intérieur de la joue, pour pas pleurer. Ou alors c'était un réflexe. Je savais pas. De toute façon, je contrôlais plus rien, mais alors plus rien du tout.

Et puis là, si j'avais voulu être chiante (heureusement c'était pas trop mon truc de me prendre la tête pour pas grand chose, même si ce jour-là, j'avais fait mes crises) j'aurais pu m'emporter en criant qu'il avait pas à dire que c'était de ma faute, que ça ne se faisait pas et que je l'emmerdais, mais alors profondément... Mais j'ai pas cillé. Il avait raison, c'était de ma faute. Toujours de ma faute. Moi l'autiste, moi le monstre, moi la dingue notoire... Et moi et moi et moi, comme elle me répétait, ma mère. Donc j'ai pas cillé, je l'ai regardé, toujours de mes grands yeux, j'ai tourné la tête, parce que je ne me sentais pas le courage de parler et de le regarder en même temps.

J'ai retenu une larme de justesse, en battant des cils. Mais pourquoi, pourquoi il fallait qu'au bout de seize années de secheresse totale de mes yeux, il fallait que je l'aime et commence ? Non, je voulais pas pleurer je pleurerais pas. D'ailleurs, penser ça m'a calmé, vraiment. Mes "larmes" sont reparties d'où elles venaient pour me laisser enfin tranquille. Enfin bon, tête tournée vers le drap, j'ai fini par parler.

- Si je suis partie c'était pas pour fuir, je pensais que tu me suivrais, qu'on irait se coucher, et qu'on oublierait tout ça (l'un dans les bras de l'autre, que j'ai failli ajouter)...

J'ai repris ma respiration. Bizarrement, dire ça me coupait complètement le souffle. Ce qui était bizarre, c'était de m'entendre parler ainsi, on aurait dit une enfant, une gamine de cinq ans essayant de rassurer son père alcoolique à la porte de sa boîte, en train de cloper, un flingue collé sur la tempe. Vive la télé j'vous dis. Ou alors peut-être que j'avais aussi ce petit côté : gamine qui a fait une bêtise et qui s'excuse en limitant les dégâts... Je savais pas. Mais le mode "gamine appeurée" ne me ressemblant pas, je me faisais un peu peur... Et autre chose effrayante : j'aimais ça.

Première fois qu'une personne quelconque trouvait moyen de canalyser ma "fureur", me calmait, me rendait l'enfance que ma ma mère et mon psy m'avaient volée. Et arrivait à me mettre tellement en confiance (ou alors ma clope avait moisi... ce qui expliquerait bien des choses) que je m'ouvrais, que je parlais... Que j'étais moi.

J'ai continué.

- Et si j'ai mal pris l'évocation de "hum", c'est que j'ai pas l'habitude, que j'ai peur, et que je pense ressentir la même chose...

Et ben voilà, moi aussi je me mettais à dessiner des fleurs bleues dans un ciel rose pour lui montrer mon affection ? Le monde à l'envers, vraiment à l'envers.
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Jeu 13 Mai - 0:10

-Et si j'ai mal pris l'évocation de "hum", c'est que j'ai pas l'habitude, que j'ai peur, et que je pense ressentir la même chose...

Ludwig eut à ce moment beaucoup de mal a se retenir de pousser un cri de triomphe. C'était enfin la première remarque où il n'entendait pas l'écho de la carapace de Carry. Et il était heureux, il lui aurait bien sourit de toutes ses dents comme un benêt, il l'aurait bien embrassé comme un sauvage pendant une demi heure, mais certaines limites de bienséance le retinrent tout de même.

Et quand il y regarda à deux fois, c'est à dire le temps qu'il assimile ce qu'elle venait de dire. Il fut choqué … oui choqué pas malheureux, pas heureux mais choqué. Est- ce qu'elle venait vraiment de dire qu'elle pensait qu'elle l'aimait ? C'était bien ce qu'il avait cru entendre oui. Puis son cerveau passa à la phase 'réagir en conséquence', c'était une phase qui voulait dire en gros maintenant que tu l'as tu assume.

Et puis d'ailleurs c'était bien ce qu'il comptait faire, il se redressa pour s'adosser au mur. Il alluma une cigarette, et la mit aux lèvres de Carry, avant de s'en rallumer une autre (surement que ça deviendrait une habitude tiens). Il aurait voulu lui demander pourquoi elle ne lui avait pas dit plutôt qu'elle avait peur, ou lui demander encore plein d'autres chose, mais il sentait que l'équilibre était vraiment fragile, et que s'il insistait un brin de trop, elle se renfermerait de nouveau, vite fait bien fait dans sa coquille, derrière son masque.

Et il n'en voulait plus une fois qu'on à gouté à une Carry sincère, on ne veut plus d'une Carry masquée. Donc il décida arbitrairement qu'il allait tout simplement faire comme elle, il allait lui parler de lui, comme ça elle ne se sentirait plus seule et ça l'encouragerait à continuer. Il tira sur sa cigarette, avant de renvoyer un gros nuage de fumée devant lui.


-Ben moi, c'est pas vraiment de l'amour que j'ai peur, mais de toi …

Il la regarda, bien sur, il allait s'expliquer, mais rien ne valait le suspense, il tira à nouveau.

-J'ai peur que tu me bouffes, que tu me ronges …

Il ne savait pas vraiment si elle allait le prendre bien ou pas, si elle allait se renfermer ou pas mais au moins il savait une chose c'était qu'il disait la vérité, pas une vérité remodelé de façon à plaire à l'interlocuteur, non mais une de ces vérités qui sortent du fond de vous, une vérité brut, sans détour, sans mensonges, sans faux semblant, bref dénuée de tous les subterfuges dont on peut user pour la rendre plus belle, la vérité s'entend.

-... Et d'arriver, un jour, à un point de non-retour …

Oui c'était surement le point de non retour qui le faisait le plus baliser, ce point où on ne peut plus revenir en arrière, si elle le lâchait après qu'il eut franchit ce point, alors il n'y aurait plus qu'une seule issue, et malheureusement la plus funeste de toutes.
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Jeu 13 Mai - 0:31

- Je...

Tu? Carry? Tu quoi? Hein? Et bah je, je, je... Je, tout simplement. Ca devenait dur pour moi de pas m'effondrer en larmes sur le lit, parce que ça devenait dur de pas envier ma carapace, loin. Loin de lui, loin de ces sentiments, toute seule... La solitude, mon amie. On me l'avait jetée dans le berceau et j'avais su en faire quelque chose, moi. Même si je la haïssais secretement, elle me rassurait : je savais à quoi m'attendre. Tandis qu'avec lui... Tout pouvait arriver, tout. Et ces craintes, je les avais aussi.

J'étais pas du genre à m'attacher aux autres, encore moins facilement. Donc si je venais à reconnaître ouvertement (avec les vrais mots, et devant lui) que je l'aimais, moi j'aurais franchi ce fameux point de non-retour. Alors oui j'avais peur, et j'esperais qu'il comprendrait sans que je lui explique qu'il pourrait se gratter de m'entendre le dire, jusqu'à ce que ce soit inévitable. Ces trois mots, il allait les attendre un sacré bout de temps. J'en étais désolée, mais je tenais à mon intégrité physique et morale... Pardon.

Et là, j'étais pas idiote, je voyais bien au fond qu'il attendait de moi de tenir cette fichue carapace loin de moi, non, pardon, loin de nous. Parce que maintenant c'était plus "lui et moi", c'était "nous, ensemble". Ca aussi, j'esperais qu'il s'en rendait (ou rendrait si c'était pas déjà fait) compte de lui-même : dorénavant, qu'il le veuille ou non, nous étions un couple et ce jusqu'à ce que j'en ai marre. Et si c'étais lui qui en avait marre : et bah ça lui ferait les pieds.

- Je... (que j'ai repris) Je sais, ça me fait la même chose.

J'ai soupiré, et un volupte de fumée s'est dégagé. J'avais tout sauf envie de fumer, à ce moment là. Mais je savais pas comment me débarrasser de la clope sans le vexer et nous replonger dans une dispute (l'espèce de... De partage entre nous me plaisait bien, dans le fond, dans un fond très lointain, aussi lointain que mon "masque"), donc j'ai fumé. J'ai tiré dessus, histoire de m'en débarrasser vite, et je me suis amusée à faire des ronds de fumée. Ca a la classe quand même.

Et puis j'ai repris.

- Mais j'ai aucune envie de te bouffer... Au contraire, à la rigueur je préfère que ce soit toi qui me ronges.

Et s'il te plaît papa ne te suicide pas, la vie est belle. J'ai besoin de toi. Oh tiens, "j'ai besoin de toi" faudrait que j'arrive à caser ça à un moment ou un autre. J'ai écarté ma clope de mon visage. Je l'ai regardé à nouveau, avec ce regard que je découvrais, chargé de tendresse.

- Je connais rien à... à l'amour et tous ces trucs... Pardonne-moi si je fais des erreurs. Mais je... J'ai. J'ai envie d'apprendre... A... Avec toi.

Cette phrase, autant dire qu'elle venait de m'achever littérallement.
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MessageSujet: Re: Le Do perdu ... Jeu 13 Mai - 1:23

-Je connais rien à... à l'amour et tous ces trucs... Pardonne-moi si je fais des erreurs. Mais je... J'ai. J'ai envie d'apprendre... A... Avec toi.

Mais ça c'était de trop, il fallait pas lui dire quelque chose comme ça, il avait de nouveau un boule dans l'estomac et coriace cette fois, mais pas une boule parce qu'il avait peur ou quoi que ce soit dans le genre, non une boule parce que c'était ce genre de phrase qui le mettait bien en face de la réalité, et ça avait beau lui faire plaisir ça lui foutait cet espèce de malaise horrible.

Il la regarda et lui adressa un sourire plein de promesse, et ça parce qu'il n'aurait pas su quoi dire, il aurait été vraiment malaisé de répondre. Mais pourtant il lui fallait bien une réponse, à la belle, si elle sentait qu'il l'esquivait elle pourrait la reprendre cette horrible coquille, et ça il n'en était pas question, aussi encore une fois il se lança dans la grosse tâche qu'était celle d'être sincère.


-Je … Je ferais ce qu'il faudra, je m'adapterais a toi, mais j'ai bien peur de devoir être le petit ami qui tueras le mythe du prince charmant.

Il eut un léger sourire. C'était souvent comme ça que ça ce passait, souvent les fraîche demoiselle ne croyait que trop que l'homme de leur vie allait arriver sur un cheval blanc, la chevelure blonde au vents, le sourire blanc nuage, et les emmener loin de leur triste vie, sur la croupe du bourrin immaculé … bref il doutait fortement que ce fut la vision que Carry ai, mais tout ça c'était pour dire qu'on croit toujours que l'amour c'est mieux que ça ne l'est en réalité

Puis il préféra se pencher sur la remarque d'avant, elle lui avait dit qu'elle aurait préférer qu'il la ronge. C'était marrant ça, parce qu'il ne se voyait pas du tout mais alors pas du tout dans se rôle là, lui le type qu'on ne remarque pas quand on le croise, qu'on a tout de suite oublié après avoir parlé cinq minutes avec. Enfin toutes ces choses qui faisait de lui quelqu'un de tout sauf de remarquable.


-Tu sais, j'ai jamais vraiment eut de personnalité stable, je suis pas vraiment le genre de type qui te grignote peu à peu les tripes, qui empoisonne tes veine ou qui te dévore de l'intérieur, alors que toi … tu fais déjà de sacré dégâts sur mon estomac.

Il ne put se retenir d'avoir un léger rire avant de la regarder, oui, depuis le temps que son pauvre estomac souffrait, ça aurait de toute façon été inévitable qu'il le lui dise un jour ou l'autre, et bien comme ça maintenant c'était fait. Il repris tout de même son sérieux.

-Ce que je veux dire, c'est que contrairement à toi, je n'ai vraiment pas grand chose d'exceptionnels.

Et c'est le moment idéalement choisis par le flûtiste pour se pencher vers elle et frôler les lèvres de sa dulcinée contre les sienne. Il était peut être d'une banalité éxaspérante, mais il savait choisir tout pile les moment ou il fallait dire les choses et le moment ou il fallait les faire.
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Le Do perdu ...

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